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Je peux présenter mes oiseaux dans 12 classes au minimum. Cependant, selon les entités nationales (UOF, FFO, etc.), il existe des variations dans le nombre de classes existantes.

Voici les classes disponibles dans la classification de l'UOF :
Lipochrome Jaune intensif individuel
Lipochrome Jaune intensif stam
Lipochrome Jaune schimmel individuel
Lipochrome Jaune schimmel stam
Lipochrome Jaune ivoire intensif individuel
Lipochrome Jaune ivoire intensif stam
Lipochrome Jaune ivoire schimmel individuel
Lipochrome Jaune ivoire schimmel stam
Lipochrome Jaune intensif aux yeux rouges (ivoire et non ivoire) individuel
Lipochrome Jaune intensif aux yeux rouges (ivoire et non ivoire) stam
Lipochrome Jaune schimmel aux yeux rouges (ivoire et non ivoire) individuel
Lipochrome Jaune schimmel aux yeux rouges (ivoire et non ivoire) stam


Les oiseaux aux yeux rouges ("lutinos") ont recemment été séparés par catégorie (intensif et schimmel), cependant les oiseaux ivoires aux yeux rouges doivent être inscrits dans la même classe que les non ivoires. Cette décision est justifiée par le faible nombre d'oiseaux présentés en concours.

Classification UOF téléchargeable ici

Voici les classes disponibles dans la classification de la FFO :
Lipochrome Jaune intensif individuel
Lipochrome Jaune intensif stam
Lipochrome Jaune schimmel individuel
Lipochrome Jaune schimmel stam
Lipochrome Jaune ivoire intensif individuel
Lipochrome Jaune ivoire intensif stam
Lipochrome Jaune ivoire schimmel individuel
Lipochrome Jaune ivoire schimmel stam
Lipochrome Jaune lutino intensif individuel
Lipochrome Jaune lutino intensif stam
Lipochrome Jaune lutino schimmel individuel
Lipochrome Jaune lutino schimmel stam
Lipochrome Jaune lutino ivoire intensif individuel
Lipochrome Jaune lutino ivoire intensif stam
Lipochrome Jaune lutino ivoire schimmel individuel
Lipochrome Jaune lutino ivoire schimmel stam

Classification FFO téléchargeable ici

Toutes les possibilités existent, cependant les oiseaux moins courants (notamment en lutino) se retrouvent souvent seuls dans leur classe.

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Le canari jaune est classé dans la famille des lipochromes pigmentés (≠ des blancs), la sous-plume est blanche et les yeux sont noirs. La couleur jaune doit, selon le standard, être pure et uniforme sur l'ensemble du plumage de l'oiseau avec une intensité maximale. Le bec, les pattes et les ongles sont de couleur chair. La taille de l'oiseau est de 14 cm (du sommet de la tête au bout de la queue).

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Venons en maintenant au mot "intensif", c'est la catégorie de l'oiseau. Chez un jaune intensif, le pigment jaune doit être présent jusqu'à l'extrémité de la plume. On obtient donc un oiseau sans aucune trace de "givre", ce dernier caractérise en effet la catégorie des jaunes "schimmels". Néanmoins, il faut savoir qu'il est très difficile d'obtenir un jaune intensif avec une absence totale de givre sur l'ensemble du plumage, notamment au niveau du croupion. C'est encore plus vrai chez les femelles (cf sexage ci dessous). L'utilisation de la coloration artificielle permet souvent d'occulter ce problème puisque les plumes sont imprégnées par le colorant dès le début de leur croissance (cf paragraphe "concentration de la couleur et luminosité" pour avoir mon avis sur cette pratique).

Les jaunes intensifs ont une plume généralement plus courte, cependant on constate que la croissance de la plume est ralentie! La durée de la mue est donc plus grande, notamment pour les mâles.

Le facteur intensif est une mutation dominante sur le schimmel. Un oiseau possédant le gène i+ sera alors automatiquement intensif. Pour obtenir des intensifs, il faut obligatoirement avoir un des parents qui soit intensif (un schimmel n'ayant pas le gène i+ sinon il serait intensif!).

Concentration de la couleur et luminosité
La concentration plus ou moins importante des pigments xanthophylles jaunes dans les plumes est responsable de la tonalité globale jaune de l'oiseau. Cette concentration est gouvernée par des gènes, on peut donc sélectionner nos oiseaux sur ce paramètre.
Certains auteurs parlent de jaune "paille", "soufre" et "jonquille" pour qualifier l'intensité croissante de la couleur de fond. Dans la pratique, il est bien difficile de classer ces oiseaux de la sorte! On s'efforcera d'éliminer les oiseaux avec un jaune de faible intensité, pâle, et ceux dont la couleur vire vers l'orange (on dit souvent qu'ils sont "dorés").

Certains éleveurs renforcent la tonalité jaune en donnant un colorant (la lutéine) à leurs oiseaux, celle-ci donne une couleur plus vive notamment sur les rémiges et les rectrices qui sont souvent moins pigmentées. Cependant, s'il dose mal son produit ou en donne trop longtemps, l'éleveur peut obtenir des oiseaux trop "dorés" avec une couleur non homogène. Pour ma part je n'ajoute aucun colorant à l'alimentation de mes jaunes. Je privilégie la sélection pour obtenir des oiseaux suffisament pigmentés dans les rémiges et les rectrices, sans oublier également de sélectionner des oiseaux avec une couleur jaune d'intensité et d'homogénéité maximale. Bien sûr le travail de sélection doit être très intense et rigoureux et demande quelques années, mais il est ensuite très agréable de voir des jeunes au nid avec une coloration des rémiges déjà très profonde pour ce jeune âge. C'est un choix que j'assume, je préfère sélectionner des oiseaux sur la base de leurs caractéristiques propres plutôt que sur la concentration de colorant ajouté dans un aliment, c'est plus intéressant. Comment choisir entre deux oiseaux colorés pour effectuer une sélection ? Lequel serait le meilleur sans cet additif ? Impossible de le savoir...

Enfin, on peut aussi apprécier la "luminosité" de l'oiseau. Certains jaunes paraissent en effet plus "brillants" que d'autres alors que la concentration de pigment est la même. C'est principalement la structure de la plume qui fait que la lumière est réfléchie différemment. Un oiseau plus lumineux sera plus agréable à regarder et attirera l'oeil du juge! On peut remarquer qu'il est difficile de sélectionner simultanément sur l'intensité de la couleur et la luminosité : les oiseaux avec une couleur très intense, à la limite du doré, sont souvent peu lumineux, c'est également un défaut sur les oiseaux colorés artificiellement! box

Sélection pour les concours : Il faut préférer les sujets qui ne présentent aucune trace de givre. C'est pour cela que je conseille de présenter en concours uniquement des mâles. Ils ont aussi le plus souvent une couleur plus intense que les femelles. Une femelle devra être vraiment exceptionelle pour avoir sa chance face à des mâles; pour ma part les femelles exceptionelles ne partent pas en concours et restent chez moi pour bien préparer la saison d'élevage à laquelle elles sont destinées!

Les principaux défauts disqualifiants en concours :
. traces de mélanine sur le plumage ou sur le bec, les pattes et les ongles. (non jugés!)
. manque de profondeur et de richesse dans la couleur de fond
. trace de givre dans le cou et au niveau du croupion
. manque de coloration des rémiges et des rectrices
. plumage trop "doré" (=orangé)
. manque de luminosité

Critères retenus pour le jugement :
Catégorie (Intensif - Schimmel): 30 points
Lipochrome : 25 points
Plumage : 15 points
Forme et taille : 15 points
Maintien : 10 points
Condition et bien être de l'oiseau : 5 points
Total : 100 points

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Le sexage
Pour les intensifs je distingue aisément les mâles des femelles grâce à la différence de tonalité dans la couleur jaune. Les mâles ont une couleur plus soutenue. Les femelles sont généralement plus pâles avec un peu de givre dans la nuque et au niveau du croupion. Il faut cependant faire très attention car les meilleures femelles n'ont parfois que quelques plumes fautives au niveau de la nuque, j'utilise une lampe spéciale pour apprécier mieux ce paramètre.
Voici une femelle jaune intensif de notre élevage, on constate que la couleur de fond est moins saturée et moins homogène que chez un mâle. Elle possède de plus un peu de givre sous la queue et dans le dos. Enfin il est important de sélectionner des femelles ayant une bonne forme comme celle-ci, les femelles jaune intensif ont en effet tendance a être plus petite que la moyenne.

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L'accouplement
Attention, il ne faut en aucun cas accoupler deux intensifs ensemble car c'est un gène létal quand les deux parents le lèguent à leur progéniture. On a donc le plus souvent beaucoup d'oeufs qui n'éclosent pas, si les jeunes survivent ils sont très petits avec une plume "sèche", très courte et de très mauvaise qualité.
L'accouplement idéal est un(e) jaune intensif avec un(e)jaune schimmel ou inversement. ll n'y a pas vraiment d'importance à choisir plutôt le mâle ou la femelle pour l'intensif dans le couple. Cependant j'ai constaté que c'est surtout la femelle qui conditionne la taille et la forme des jeunes, comme les schimmels sont souvent plus ronds et mieux conformés, il est peut-être mieux d'accoupler mâle intensif x femelle schimmel... mais ce n'est qu'une petite nuance...
Enfin concernant la couleur, j'accouple souvent un mâle ayant une couleur soutenue avec une femelle de tonalité moyenne. C'est sur ce point que se joue la capacité de l'éleveur/sélectionneur à faire des accouplements adaptés afin d'obtenir des jeunes ni trop "pâles" ni trop "dorés". Tout est question de "dosage".
Bien évidemment la couleur de fond n'est pas le seul paramètre de sélection, il faut aussi faire attention à la pigmentation des rémiges et rectrices qui sont souvent moins colorées, mais aussi à longueur de la plume, la taille de l'oiseau, la forme générale, la forme de la tête, etc. La mise en balance de tous ces paramètres devient alors un véritable casse-tête quand il faut faire les accouplements. L'éleveur qui ne possède que peu de couples devra faire des choix, celui qui en possède plus peut sélectionner plus sévèrement avec plus de paramètres.

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Le canari jaune est classé dans la famille des lipochromes pigmentés (≠ des blancs), la sous-plume est blanche et les yeux sont noirs. La couleur jaune doit, selon le standard, être pure et uniforme sur l'ensemble du plumage de l'oiseau avec une intensité maximale. Le bec, les pattes et les ongles sont de couleur chair. La taille de l'oiseau est de 14 cm (du sommet de la tête au bout de la queue).

La catégorie schimmel est caractérisée par l'absence de pigment jaune à l'extrémité de la plume qui est donc blanche sur un fin liseré. On obtient donc un oiseau qui semble "poudré" de blanc sur fond jaune (on parle aussi de givrage ou d'écaillage). Le mot "schimmel" est germanique et signifie "moisi", on retrouve donc aussi cette idée d'un saupoudrage blanc.

Les jaunes schimmels ont généralement une plume plus longue que les jaunes intensifs. L'aspect de la plume est volumineux, elle est plus souple voire plus douce.
Enfin, bien que le standard ne le mentionne pas, on attend souvent d'un schimmel qu'il ait une bonne forme et taille ou au moins qu'il soit "bien rond".
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Sélection pour les concours : Il faut préférer les sujets dont l'écaillage est fin (mais néanmoins net et visible!) et uniformément réparti sur l'ensemble du plumage de l'oiseau. On attachera une attention particulière à la présence de ce givrage sur la poitrine de l'oiseau sur la ligne du bréchet, en effet l'absence ou la densité moins importante est un défaut courant à cet endroit. Enfin il faut toujours maintenir une couleur de fond jaune d'une bonne intensité et luminosité (cf. le jaune intensif pour plus de détails). Encore une fois je conseille de présenter en concours uniquement des mâles (même remarque que pour les intensifs).

Les principaux défauts disqualifiants en concours :
. traces de mélanine sur le plumage ou sur le bec, les pattes et les ongles. (non jugés!)
. givre trop important et mal réparti (poitrine, nuque)
. manque de profondeur et de richesse dans la couleur de fond
. manque de coloration des rémiges et des rectrices
. plumes trop lâches et longues (surtout au niveau des flancs)
. manque de luminosité

Critères retenus pour le jugement :
Catégorie (Intensif - Schimmel): 30 points
Lipochrome : 25 points
Plumage : 15 points
Forme et taille : 15 points
Maintien : 10 points
Condition et bien être de l'oiseau : 5 points
Total : 100 points

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Le sexage:
Pour les schimmels je distingue aisément les mâles des femelles grâce à la différence notable dans la répartition du givre. Les femelles ont un givre très souvent non uniformément réparti avec une densité légèrement plus importante dans le dos et la nuque (on parle de collier de givre). De plus, la couleur de fond est plus intense chez les mâles, de la même façon que pour les jaunes intensifs.
Voilà le type de femelle schimmel que je conserve pour l'élevage, le plus important est à mon avis la forme comme sur celle-ci. Le givre est très fin et la couleur de fond presque aussi intense que celle des mâles.

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L'accouplement:
L'accouplement idéal est un(e) jaune intensif avec un(e) jaune schimmel ou inversement. Cependant il ne suffit pas de respecter cette règle pour être sûr d'obtenir de bons jeunes! Il est primordial d'apprécier la longueur de la plume des deux parents ; si vous accouplez une femelle schimmel (qui est déjà prédisposée avoir la plume un peu plus longue) avec un mâle intensif qui a une plume longue également, les jeunes auront tous une mauvaise plume, lâche au niveau des flancs etc. La règle devrait donc plutôt être : accoupler un oiseau qui a une plume courte avec un oiseau à plume moyenne à mi-longue!
A la différence des intensifs, il est possible d'accoupler deux schimmels ensemble! (En effet il n'existe pas de facteur létal dans ce type d'accouplement.) Cependant il faut être très sévère sur la sélection des oiseaux pour le faire, la règle sur la longueur de plume énoncée précédemment est ici fondamentale!
On peut enfin signaler qu'accoupler deux schimmels ensemble donne 100% de schimmels dans la progéniture (ce qui n'est pas le cas pour deux intensifs si l'accouplement nous était permis).

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La différence entre un jaune classique et un jaune ivoire est la localisation des pigments dans les plumes. Chez l'ivoire les pigments sont situés en profondeur dans l'écorce des barbes de la plume alors que chez le jaune ils sont en périphérie dans l'écorce des barbes et barbules. Cette absence de pigments en surface rend la couleur plus diluée car la partie blanche réfléchit une partie de la lumière. On dit que l'ivoire est un facteur de dilution (les éleveurs de blancs dominants l'introduisent dans leur souche pour avoir une incrustation minimale des rémiges). De plus, la plume est moins rigide donc plus douce et plus soyeuse (c'est l'autre raison pour laquelle les éleveurs de blancs introduisent le facteur ivoire).

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Bien évidemment la description de la catégorie (intensif ou schimmel) est la même que pour les jaunes classiques (cf. ci-dessus). La tonalité de l'ivoire doit toujours être maximale (tout en gardant cette dilution caractéristique) et la luminosité de l'oiseau est ici très importante, en effet un ivoire (donc jaune dilué) qui n'est pas lumineux est très pâle et n'attire pas l'oeil.

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Chez l'ivoire, il est normal d'avoir des rémiges très claires !! Beaucoup de gens cherchent l'impossible et critiquent souvent ce paramètre, je rappelle que les rémiges sont pigmentées uniquement sur le bord externe (donc quelques millimètres) et la couleur est en plus diluée chez l'ivoire. Dans ces conditions, impossible d'obtenir des rémiges correctement pigmentées.
Certains éleveurs colorent leurs ivoires artificiellement de la même façon que leurs jaunes classiques, les rémiges sont certes colorées mais la couleur de fond est fortement modifiée et la dilution caractéristique de l'ivoire s'estompe! Les avis commencent à diverger sur cette pratique et les juges ont normalement décidé de disqualifier ces oiseaux, dans la pratique ce n'est pas encore toujours appliqué... y compris dans les grandes expositions internationales.

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Le sexage:
Il se réalise de la même façon que pour les catégories intensif et schimmel chez les jaunes classiques. Néanamoins il est beaucoup moins évident d'apprécier les plumes fautives chez les femelles intensives par exemple du fait de la couleur diluée. Les erreurs de sexage sont plus fréquentes, le chant et les différences morphologiques du cloaque sont alors d'une grande aide!

L'accouplement:
L'accouplement idéal est un(e) jaune ivoire intensif avec un(e) jaune ivoire schimmel ou inversement avec les mêmes limites que celles signalées pour les jaunes schimmels.

J'accouple le plus souvent ivoire avec ivoire, j'introduis parfois des jaunes porteurs d'ivoire pour améliorer un caractère précis comme la taille, la forme des jeunes ou encore l'intensité de la couleur de fond des jeunes.

Ci-dessous un couple 2011 constitué d'un mâle schimmel (oiseau rond avec un givre bien réparti) et d'une femelle intensive (plumage court avec une couleur de fond bien présente).

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Déterminisme génétique de la mutation ivoire :

L'Ivoire est une mutation récessive liée au sexe.

Accouplements recommandés :

Mâle Jaune Ivoire x Femelle Jaune Ivoire
. 100% Jaune Ivoire

Accouplement le plus souvent pratiqué, il faut cependant ne pas l'utiliser sur plusieurs générations en suivant car la dilution peut s'accentuer et la taille des oiseaux diminuer.

Mâle Jaune Ivoire x Femelle Jaune
. 50% Mâle Jaune Porteur Ivoire
. 50% Femelle Jaune Ivoire

Accouplement utilisé pour faire des mâles porteurs à partir d'un mâle ivoire de bonne qualité.

Mâle Jaune Porteur Ivoire x Femelle Jaune Ivoire
. 25% Mâle Jaune Ivoire
. 25% Mâle Jaune Porteur Ivoire
. 25% Femelle Jaune Ivoire
. 25% Femelle Jaune

Mâle Jaune x Femelle Jaune Ivoire
. 50% Femelle Jaune
. 50% Mâle Jaune Porteur Ivoire

Accouplement utilisé pour faire des mâles porteurs à partir d'une femelle ivoire de bonne qualité.

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Mâle Jaune Porteur Ivoire x Femelle Jaune
. 25% Mâle Jaune
. 25% Mâle Jaune Porteur Ivoire
. 25% Femelle Jaune Ivoire
. 25% Femelle Jaune

Accouplement déconseillé, car il est impossible de distinguer les porteurs des non-porteurs puisqu'ils sont tous les deux jaunes classiques.
Seuls des accouplements tests l'année suivante permettront de les différencier.

Remarque : les pourcentages donnés ne sont que des probabilités qui sont déterminées par la théorie génétique, dans la pratique elle ne sont pas toujours vérifiées (surtout quand il y a un faible nombre d'oisillons dans le nid!)

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Pour cette catégorie, je ne reviendrai pas sur la description de toutes les caractéristiques des lipochromes (jaune et jaune ivoire) et des catégories (intensif et schimmel) puisqu'elles sont jugées exactement de la même façon que pour les yeux noirs. Seule la couleur de l'oeil diffère dans le standard. Ces oiseaux sont couramment nommés les "lutinos". Il existe donc des jaunes aux yeux rouges, des jaunes ivoires aux yeux rouges et pour chacun d'eux, des intensifs et des schimmels.


On peut cependant noter que les satinés ont une tendance nette à avoir une couleur de fond trop "chaude", qui tire vers l'orangé. Il faudra donc faire très attention lors des accouplements à ne pas mettre ensemble deux oiseaux trop "dorés" pour ne pas accentuer ce phénomène.
Ce sont mes préférés, ils le sont d'ailleurs pour beaucoup de ceux qui élèvent des jaunes. La difficulté de leur élevage, le caractère aléatoire de leur naissance et leur fragilité en font des oiseaux pour qui toutes les attentions sont de mise.

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Il existe deux types de canaris jaunes aux yeux rouges puisqu'il y a une mutation "Ino" et une mutation "Satiné". Les inos ont les yeux rouge vif tandis que les satinés ont un rouge plus foncé, il est moins évident de les repérer dans une volière.
Les inos sont caractérisés par une absence totale de pigmentation de l'oeil, le rouge correspond donc aux vaisseaux sanguins du fond de l'oeil. On a souvent l'impression que leurs yeux sont plus petits car ils sont toujours éblouis et leur iris se contracte.
Chez les satinés, la mélanine est tout de même un peu déposée dans le fond de l'oeil, on obtient donc des yeux rougeâtres. Leur vision est meilleure que celle des inos.

Tous les "lutinos" (inos et satinés) ont les yeux rouges dès la naissance. On peut les repérer facilement au nid bien que les paupières soient fermées puisque ces dernières sont presque transparentes. Il ne faut pas les confondre avec les isabelles "ogen" qui ont les yeux rougeâtres à la naissance, mais chez ces oiseaux la mélanisation du fond d'oeil a lieu plus tardivement. Lors du baguage vers 7 jours leurs yeux sont presque devenus noirs. Ces oiseaux ne peuvent donc pas être engagés en tant que "lutinos" dans les concours. Ce sont simplement des lipochromes jaunes issus d'une souche d'isabelles, lorsqu'ils sont panachés la tache sera brune et jamais noire. Ces isabelles "ogen" sont recherchés par les éleveurs de huppés allemand pour obtenir des huppes avec un minimum de taches mélaniques.

Ci-dessous une nichée de 6 jaunes dont un isabelle ogen :

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Ci-dessous une couvée de jaunes ivoires avec en haut à droite un jaune ivoire classique, en bas au centre et en haut à gauche deux isabelles "ogen", les deux restant étant des satinés ivoires. Les isabelles "ogen" ont des paupières à la limite entre le rouge et le noir, tandis que les paupières des satinés sont bien rouges. (Bien évidemment je précise ivoire par connaissance des parents mais impossible de le distinguer sur des oisillons!)

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Je n'élève que des lutinos satinés, il est d'ailleurs nécessaire de la part de l'éleveur de connaitre s'il possède des inos ou des satinés. En effet il ne faut pas accoupler un ino avec un satiné ou inversement sinon il devient très compliqué de s'y retrouver d'un point de vue génétique. Le problème se pose donc lors d'un achat... Comment savoir si l'oiseau est ino ou satiné... Impossible d'en être sûr, il faut faire confiance à l'éleveur. Sachez néanmoins qu'actuellement une grande majorité des éleveurs possèdent des satinés, les inos jaunes étant devenus assez rares.

Les mutations ino et satiné inhibent toutes les deux le pigment noir. Il est donc impossible d'obtenir un "lutino" avec une tache noire, cependant des taches brunes sont possibles (voir photo ci-dessous) :

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Notons cependant que ces deux mutations inhibent le dépot de pigment sur toutes les parties cornées (pattes, bec et ongles), les taches brunes ne peuvent donc se situer que sur le plumage.

Résultats d'accouplements : Déterminisme génétique des deux mutations.

Déterminisme génétique de la mutation satinée :

Tout comme l'ivoire, la mutation satinée est récessive liée au sexe.

Accouplements recommandés :

Mâle Satiné x Femelle Jaune
. 50% Mâle Jaune Porteur Satiné
. 50% Femelle Satinée

Accouplement utilisé pour faire des mâles porteurs à partir d'un mâle satiné de bonne qualité. Il est aussi très intéressant pour faire de bonnes femelles satinées. On peut déterminer le sexe des oisillons dès leur naissance grâce à la couleur de leurs yeux.

Ci-dessous une femelle satinée avec un givre bien réparti et une excellente couleur de fond :

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Mâle Jaune Porteur Satiné x Femelle Satinée
. 25% Mâle Satiné
. 25% Mâle Jaune Porteur Satiné
. 25% Femelle Satinée
. 25% Femelle Jaune

Accouplement utilisé pour obtenir des mâles satinés.

Mâle Jaune x Femelle Satinée
. 50% Femelle Jaune
. 50% Mâle Jaune Porteur Satiné

Accouplement utilisé pour faire des mâles porteurs à partir d'une femelle satinée de bonne qualité.

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Accouplements déconseillés :

Mâle Satiné x Femelle Satinée
. 100% de Satiné

Il faut éviter cet accouplement au maximum car les oiseaux obtenus sont de plus en plus fragiles et il est très difficile d'obtenir des jeunes à la génération suivante. Cependant c'est l'accouplement avec lequel on obtient le plus de satinés... Peut être intéressant dans l'unique but de faire des expositions avec les jeunes obtenus...

Mâle Jaune Porteur Satiné x Femelle Jaune
. 25% Mâle Jaune
. 25% Mâle Jaune Porteur Satiné
. 25% Femelle Satinée
. 25% Femelle Jaune

Accouplement déconseillé, car il est impossible de distinguer les porteurs des non-porteurs puisqu'ils ont tous les deux les yeux noirs.
Seuls des accouplements tests l'année suivante permettront de les différencier.

Remarque : les pourcentages donnés ne sont que des probabilités qui sont déterminées par la théorie génétique, dans la pratique ils ne sont pas toujours vérifiés (surtout quand il y a un faible nombre d'oisillons dans le nid!)

Ci-dessous une nichée de 3 jaunes et 2 lutinos :

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Déterminisme génétique de la mutation ino :

La mutation ino est récessive libre.

Jaune Ino x Jaune Ino
. 100% Jaune Ino

Jaune Ino x Jaune
. 100% Jaune Porteur Ino

Jaune Porteur Ino x Jaune Ino
. 50% Jaune Ino
. 50% Jaune Porteur Ino

Jaune Porteur Ino x Jaune
. 50% Jaune
. 50% Jaune Porteur Ino

. Accouplement déconseillé, car il est impossible de distinguer les porteurs des non-porteurs

Jaune Porteur Ino x Jaune Porteur Ino
. 25% Jaune Ino
. 25% Jaune
. 50% Jaune Porteur Ino

Accouplement déconseillé, car il est impossible de distinguer les porteurs des non-porteurs

Comme vous pouvez le remarquer, et à la différence des satinés, une femelle peut être porteuse ino. Chez les satinés, une femelle est soit satinée soit jaune classique mais ne peut pas être porteuse satiné.

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On entend de tout à ce sujet :
- Certains éliminent systématiquement de leur choix pour la reproduction future les lipochromes qui ont une tache mélanique, d'autres préfèrent conserver un individu taché face à un individu non taché qui a moins de qualités par ailleurs.
- D'autres disent aussi que les taches mélaniques sur le bec ou les pattes se transmettent systématiquement à la progéniture.
- Enfin qui n'a jamais entendu : "Comme d'habitude c'est le meilleur qui est taché!"

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Alors comment s'y retrouver ?? Voici quelques éclaircissements :

Tout d'abord mettons les choses au clair : un oiseau lipochrome présentant une tache mélanique ne donne pas forcément une progéniture tachée ! Et là c'est certain!

La question est de savoir si le fait de conserver pour la reproduction un individu taché augmente le risque d'obtenir des tachés à la génération suivante voire à la 2e ou 3e génération. Et si oui dans quelle proportion ?...

Si on s'intéresse à la génétique et le mode de transmission de ce défaut, on apprend que oui le risque est augmenté, mais la chance d'obtenir un taché reste tout de même faible.

Explication :
Pour qu'un lipochrome soit taché, il faut qu'il puisse produire de la mélanine et donc qu'il possède le facteur de mélanisation E+. Un lipochrome pur est donc E/E (deux allèles inactifs, donc incapable de produire de la mélanine sur son plumage). Un lipochrome taché est soit E+/E, soit E+/E+.

De plus, pour que l'oiseau ait une tache sur le bec (par exemple), il faut qu'il possède un gène de localisation P+ spécifique du bec. Il existe une infinité de gènes de localisation qui définissent des zones où les taches apparaissent (bec, patte droite, telle portion de l'aile gauche, etc.). Il faut donc la coexistence sur le même oiseau de deux gènes pour qu'il soit taché au bec : E+ et P+.

Si vous avez bien suivi, un oiseau ayant pour génome : E/E et P+/P n'est pas taché puisqu'il ne possède pas le facteur de mélanisation. En revanche, s'il transmet à sa progéniture l'allèle P+ et que, dans le même temps, l'autre parent transmet à ce jeune un allèle E+, le jeune sera taché au bec.

Avec toutes les combinaisons possibles (une infinité puisque les gènes de localisation sont très nombreux), un oiseau peut ne pas être taché et avoir un jeune taché (cf. exemple ci-dessus), un oiseau taché peut ne pas donner de jeunes tachés, un oiseau taché au bec peut donner un oiseau taché à l'aile, etc.

Il faut donc comprendre que les deux parents interviennent dans l'apparition de la tache présente sur un jeune : le parent taché et le parent non taché.

Ce qu'il faut en retenir :
-Conserver un oiseau taché n'est pas une garantie d'obtenir des jeunes tachés par la suite
-Un oiseau taché, qui donne des jeunes tachés, peut ne jamais en donner avec un autre partenaire
-Une tache sur le bec ou les pattes a la même valeur qu'une tache sur le plumage
-Conserver un individu taché de façon ponctuelle augmente très peu le risque d'avoir des tachés plus tard. En revanche conserver régulièrement des individus tachés augmente fortement ce risque, d'autant plus si on les accouple ensemble.

Se pose donc maintenant la question suivante :
Pourquoi conserver un individu taché (même de façon ponctuelle)?
Personnellement je le fais rarement mais si un individu taché possède par ailleurs des qualités exceptionnelles (taille, forme, couleur de fond, luminosité), pourquoi l'exclure de la reproduction ?? Tout en sachant que le risque d'avoir des jeunes tachés est faible (puisque je ne conserve que rarement des oiseaux tachés pour la reproduction) et que je peux changer de partenaire si cela arrive.

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Voici pour exemple cette femelle Lipochrome Jaune Schimmel que je conserve pour la reproduction 2014, elle a une superbe tache noire dans le dos, cependant elle a une très bonne forme, une plume très courte et une couleur de fond remarquable. Elle sera donc accouplée l'année prochaine!

Enfin et pour finir je reviens sur cette phrase laissée en suspend : "Comme d'habitude c'est le meilleur qui est taché!"
Et effectivement il m'arrive souvent de le dire dans mon élevage... Je ne saurais pas vous l'expliquer mais j'ai fait ce constat et c'est aussi ce qui m'a fait changer d'avis et qui fait qu'il m'arrive maintenant de conserver des individus tachés pour la reproduction.
Lors d'une réunion technique du Canari Club de Lens, un juge OMJ faisant une conférence a émis une hypothèse. Les canaris lipochromes jaunes issus d'une "lignée noire ou agate" seraient meilleurs (en couleur et luminosité) que ceux issus d'une "lignée brune ou isabelle".
Si quelqu'un a une explication fondée sur ce phénomène, je suis prêt à l'écouter!
Cela ne vous aura sûrement pas échappé, certains jaunes ont des taches noires et d'autres des taches isabelles ou brunes, cela révèle leurs origines et laisse penser que ces lignées existent. Toujours est-il que maintenant, j'élimine systématiquement de mon élevage les individus présentant des taches brunes ou isabelles et tous les individus naissant avec les yeux rougeâtres qui deviennent noirs par la suite (trahissant leur origine isabelle).